“Moïse fragile”: l’interview décalée de Passage du Livre (9 juin 2015)
Partager

1) Qui êtes-vous ?

Un professeur, mais aussi un conteur. Un chercheur, mais aussi un rêveur. Grave, parfois, mais avec légèreté, toujours. Du moins je m’y efforce…

2) Quel est le thème central de ce livre ?

La fragilité de Moïse, une fragilité qui est aussi la nôtre. Sa profonde humanité en fait. Une humanité qui comporte sa part d’ombre, de doute, de révolte. Et de féminité, aussi, bien sûr.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

«Mon Moïse à moi était précisément là où Moïse n’était pas. Il n’était pas dans le feu des miracles, dans le tonnerre des révélations, dans le sacre de la Loi. Il était ailleurs, dans les béances du texte, dans le silence des mots. Dans quelques mystérieux et obscurs moments du récit improbable de sa vie. Il était là quand il trébuchait, hésitait, renonçait. Il était là quand la mort planait pour finalement l’atteindre. Homme d’une destinée à la courbe incertaine, toujours sur le point de se briser, et qui, à la fin, se brise.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Une fugue de Bach, peut-être. Mais n’est-ce pas plutôt aux lecteurs de le dire ? Ils ont sûrement meilleure oreille.

5) Qu’aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une liberté d’interprétation (presque) sans limite. Le goût d’une exploration inlassablement reprise des textes bibliques. La joie de lire et de relire, simplement, sans s’obliger à croire.

6) Avez-vous des rituels d’écrivain ? (Choix du lieu, de l’horaire, d’une musique de fond) ?

A part le silence, pas le moindre. Mais peut-être ne suis-je pas vraiment un écrivain…

7) Comment vous vient l’inspiration ?

Les idées ne me viennent que quand ma pensée vagabonde, parfois très loin de mon sujet. Ou dans mon séminaire, lorsque, parlant sans contrôle, je me laisse un peu aller, oubliant les contraintes et les règles du métier de chercheur. Je sens que l’inspiration est là quand je commence à m’amuser.

8) Comment l’écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j’écrirai des livres» ?

Le livre que j’écris est toujours mon premier livre. Quand un beau jour il paraît, j’en suis toujours un peu surpris. Et la peur me saisit de n’être pas capable d’en écrire un autre. Mais cette peur-là aussi finit par passer…

Retrouver cet interview et la présentation du livre sur passagedulivre.com.